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Vous empruntez 22 000 € et la mensualité est de 450 € pendant 5 ans. Quel est le taux réel du prêt ? Savoir le retrouver soi-même permet de vérifier une offre et de comparer deux propositions sans se fier au seul chiffre affiché. Cet article va du plus simple (intérêts simples) au plus avancé (calcul inverse du taux, TAEG), avec des exemples recalculés et une checklist finale.
- Comprendre ce qu’est le taux d’intérêt d’un prêt
- La formule des intérêts simples pas à pas
- Calculer les intérêts d’un prêt amortissable
- Construire un tableau d’amortissement
- Les intérêts composés : quand les intérêts produisent des intérêts
- Retrouver le taux à partir de la mensualité et du capital emprunté
- Taux nominal et TAEG : ne pas les confondre
- Tableau comparatif des méthodes de calcul
- Les erreurs fréquentes qui faussent le calcul
- Checklist pour vérifier son offre de prêt
- FAQ
- Le taux d’intérêt est le prix de l’argent emprunté, exprimé en pourcentage annuel du capital restant dû.
- Dans un crédit amortissable, les intérêts se calculent chaque mois sur le capital qu’il reste à rembourser, pas sur le capital initial.
- Il n’existe pas de formule directe pour retrouver le taux à partir de la mensualité : on procède par approximations successives ou avec la fonction TAUX d’un tableur.
- Le taux nominal ne suffit pas pour comparer : le TAEG intègre aussi les frais et l’assurance exigée par le prêteur.
- Tous les montants de cet article sont fictifs et pédagogiques.
Comprendre ce qu’est le taux d’intérêt d’un prêt
Le taux d’intérêt est la rémunération du prêteur. Il s’exprime en pourcentage annuel appliqué au capital restant dû. Pour un emprunt de 10 000 € à 4 %, la première année d’intérêts représente 400 € si rien n’a encore été remboursé.
Taux fixe, taux variable et taux nominal
- Taux fixe : il reste identique pendant toute la durée du prêt, ce qui rend le calcul prévisible.
- Taux variable : il évolue selon des conditions prévues au contrat. Le calcul doit être refait à chaque révision.
- Taux nominal : c’est le taux annuel « de base » affiché par le prêteur, avant prise en compte des frais annexes.
Les quatre données de départ
Quel que soit le calcul, vous avez besoin de quatre informations : le capital emprunté, le taux, la durée et la périodicité des remboursements (le plus souvent mensuelle). Si l’une manque, le calcul est impossible ou approximatif.
La formule des intérêts simples pas à pas
Les intérêts simples se calculent toujours sur le capital de départ :
Intérêts = capital × taux annuel × durée en années
Exemple : 10 000 € à 4 % sur 3 ans. Le calcul donne 10 000 × 0,04 × 3 = 1 200 € d’intérêts, soit 11 200 € à rembourser au total.
Cette méthode convient aux crédits courts ou aux prêts entre particuliers dont le contrat prévoit un remboursement unique à l’échéance. Elle ne convient pas à un crédit remboursé par mensualités : le capital diminue chaque mois, donc les intérêts réels sont plus faibles que ce que la formule indique.
Calculer les intérêts d’un prêt amortissable
Dans un prêt amortissable, chaque mensualité contient deux parts : des intérêts, calculés sur le capital restant dû, et une part de capital remboursé. Comme le capital baisse, la part d’intérêts diminue au fil des mois.

Taux mensuel : proportionnel ou équivalent
- Taux proportionnel : taux annuel divisé par 12. Pour 5 %, cela donne 0,4167 % par mois.
- Taux équivalent : (1 + taux annuel)^(1/12) − 1. Pour 5 %, cela donne environ 0,4074 % par mois.
L’écart est faible mais réel. Dans la suite de l’article, nous utilisons le taux proportionnel et nous le précisons à chaque fois.
Formule de la mensualité constante
M = C × i / (1 − (1 + i)−n), où C est le capital, i le taux périodique et n le nombre de mensualités.
Exemple fil rouge (montants fictifs) : 20 000 € à 5 % nominal annuel sur 48 mois.
- Taux mensuel proportionnel : 0,05 / 12 = 0,41667 %.
- Facteur : (1 + i)−48 ≈ 0,81906, donc 1 − 0,81906 = 0,18094.
- Mensualité : 20 000 × 0,0041667 / 0,18094 ≈ 460,59 €.
- Coût total : 460,59 × 48 = 22 108,32 €, soit environ 2 108 € d’intérêts.
Ces valeurs sont arrondies au centime : un écart de quelques centimes selon l’outil utilisé est normal.
Construire un tableau d’amortissement
Le tableau d’amortissement détaille, mois par mois, la répartition entre intérêts et capital. Voici un extrait de l’exemple précédent (20 000 € à 5 % sur 48 mois, mensualité de 460,59 €) :

| Mois | Intérêts | Capital remboursé | Capital restant dû après paiement |
|---|---|---|---|
| 1 | 83,33 € | 377,26 € | 19 622,74 € |
| 2 | 81,76 € | 378,83 € | 19 243,91 € |
| 47 | 3,81 € | 456,78 € | 458,68 € |
| 48 | 1,91 € | 458,68 € | 0,00 € |
Au premier mois, l’intérêt vaut 20 000 × 0,0041667 = 83,33 €, et il reste donc 377,26 € pour rembourser le capital. Les intérêts sont plus élevés au début parce que le capital restant dû est alors à son maximum. Ils tombent à moins de 2 € sur la dernière échéance.
Les intérêts composés : quand les intérêts produisent des intérêts
Avec les intérêts composés, les intérêts déjà acquis s’ajoutent au capital et produisent eux-mêmes des intérêts :
Capital final = capital × (1 + taux / n)n × années, où n est le nombre de capitalisations par an.
Comparaison sur 10 000 € à 4 % pendant 3 ans :
- Intérêts simples : 1 200 €.
- Capitalisation annuelle : 10 000 × 1,04³ = 11 248,64 €, soit 1 248,64 € d’intérêts.
- Capitalisation mensuelle : 10 000 × (1 + 0,04/12)36 ≈ 11 272,70 €, soit environ 1 272,70 € d’intérêts.

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La capitalisation concerne surtout l’épargne ou une dette non remboursée. Dans un crédit classique, les intérêts sont payés chaque mois et ne s’ajoutent pas au capital : c’est la logique de l’amortissement vue plus haut.
Retrouver le taux à partir de la mensualité et du capital emprunté
C’est le cas de notre accroche : 22 000 € empruntés, 60 mensualités de 450 €. Il n’existe pas de formule directe pour isoler le taux, car il apparaît à la fois dans le facteur et au dénominateur de la formule de la mensualité. On cherche donc le taux par approximations successives.
Méthode d’encadrement à la main
On cherche i tel que 22 000 = 450 × (1 − (1 + i)−60) / i, c’est-à-dire un facteur de 22 000 / 450 = 48,889. On teste alors plusieurs taux annuels :
- À 6 % (0,5 % par mois) : la mensualité nécessaire serait d’environ 425,3 €. C’est trop bas, le taux réel est plus élevé.
- À 9 % (0,75 % par mois) : la mensualité serait d’environ 456,7 €. C’est trop haut, le taux réel est plus bas.
- À 8 % : environ 446 €, encore un peu trop bas.
Le taux se situe donc entre 8 % et 9 %. En affinant, on obtient environ 0,697 % par mois, soit environ 8,4 % nominal annuel (8,36 % avant arrondi).
Avec un tableur
Dans la version française d’Excel ou de LibreOffice, la fonction s’écrit TAUX(npm ; vpm ; va). Pour notre exemple : =TAUX(60 ; −450 ; 22000) × 12. La mensualité et le capital doivent avoir des signes opposés. Le résultat de TAUX est mensuel, d’où la multiplication par 12. On retrouve environ 8,4 %.
Vérification
Recalculez la mensualité avec i = 0,697 % et n = 60 : vous retrouvez environ 450 €. Le coût total est de 450 × 60 = 27 000 €, soit 5 000 € d’intérêts. Attention : 8,4 % est ici un taux nominal proportionnel (mensuel × 12), et non un TAEG.

Taux nominal et TAEG : ne pas les confondre
Le taux nominal ne mesure que le coût des intérêts. Le TAEG (taux annuel effectif global) intègre en plus les frais de dossier, les frais accessoires obligatoires et l’assurance lorsque le prêteur l’exige pour accorder le crédit. C’est l’indicateur de comparaison réglementaire des crédits à la consommation (directive 2008/48/CE) et des crédits immobiliers (directive 2014/17/UE), transposées dans le Code de la consommation. L’ancien terme « TEG » peut encore apparaître dans d’anciens documents.
Exemple : deux offres au même taux nominal (montants fictifs, à titre pédagogique)
Reprenons 20 000 € à 5 % nominal sur 48 mois.
- Offre A : aucun frais de dossier, aucune assurance exigée. Le coût du crédit se limite aux intérêts : environ 2 108 €.
- Offre B : mêmes intérêts, plus 150 € de frais de dossier et une assurance exigée de 12 € par mois (576 € sur 48 mois). Coût total : 2 108 + 150 + 576 = 2 834 €.
Les deux offres affichent 5 % de taux nominal, mais l’offre B coûte 726 € de plus et son TAEG est nettement supérieur. C’est pourquoi il faut comparer les TAEG, et non les taux nominaux seuls.
Pour connaître le taux d’usure en vigueur, consultez le site de la Banque de France : sa valeur évolue et n’est pas reprise ici.
Tableau comparatif des méthodes de calcul
| Méthode | Formule | Cas d’usage | Difficulté |
|---|---|---|---|
| Intérêts simples | Capital × taux × années | Prêt court ou entre particuliers, remboursé en une fois | Facile |
| Amortissement mensuel | M = C × i / (1 − (1 + i)−n) | Crédit classique remboursé par mensualités constantes | Moyenne |
| Intérêts composés | C × (1 + t/n)n × années | Épargne, dette non remboursée | Moyenne |
| Calcul inverse du taux | Approximations successives ou fonction TAUX | Retrouver le taux à partir de la mensualité et du capital | Avancée |
| TAEG | Taux actuariel intégrant frais et assurance exigée | Comparer plusieurs offres de crédit | Avancée (simulateur conseillé) |
Les erreurs fréquentes qui faussent le calcul
- Confondre taux annuel et taux mensuel : utiliser 5 % au lieu de 0,4167 % dans la formule de la mensualité donne un résultat absurde. Précisez toujours l’unité.
- Oublier l’assurance et les frais : deux offres au même taux nominal peuvent différer de plusieurs centaines d’euros, comme dans l’exemple A / B.
- Diviser par 12 sans le dire : taux proportionnel et taux équivalent ne donnent pas le même résultat (0,4167 % contre 0,4074 % pour 5 %). Vérifiez la méthode utilisée par le prêteur ou le simulateur.
- Arrondir trop tôt : conservez plusieurs décimales pendant les calculs et n’arrondissez qu’au résultat final.
- Comparer des durées différentes sans regarder le coût total : une mensualité plus basse sur une durée plus longue coûte souvent davantage en intérêts.

Checklist pour vérifier son offre de prêt
- Contrôlez le capital, le taux nominal, la durée et la mensualité, hors assurance puis avec assurance.
- Recalculez le coût total des intérêts (mensualité × nombre de mois − capital) et comparez-le au coût total du crédit affiché.
- Vérifiez que la méthode de calcul du taux mensuel (proportionnel ou équivalent) est cohérente avec la vôtre.
- Comparez le TAEG de plusieurs offres, pas seulement le taux nominal.
- Faites une vérification croisée avec un simulateur officiel ou bancaire.
Prêt à vérifier votre propre offre ? Testez vos montants, votre durée et votre taux dans un simulateur de prêt.
FAQ
Comment calculer le taux d’un prêt connaissant la mensualité ?
Il faut résoudre la formule de la mensualité pour le taux, ce qui se fait par approximations successives. Le plus simple est d’utiliser la fonction TAUX d’un tableur et de multiplier le résultat par 12 pour obtenir le taux nominal annuel proportionnel.
Quelle différence entre taux nominal et TAEG ?
Le taux nominal ne mesure que les intérêts. Le TAEG ajoute les frais de dossier, les frais accessoires obligatoires et l’assurance lorsque le prêteur l’exige, ce qui en fait l’indicateur adapté pour comparer des offres.
Peut-on calculer un taux d’intérêt sans calculatrice financière ?
Oui, par encadrement : on teste plusieurs taux (par exemple 6 %, 8 % puis 9 %), on compare la mensualité obtenue à la mensualité réelle et on resserre l’intervalle. Une calculatrice ordinaire ou un tableur suffit.
Un taux fixe plus bas est-il toujours plus avantageux ?
Pas forcément. Il faut comparer le coût total du crédit, c’est-à-dire les intérêts, les frais et l’assurance, ainsi que la durée. Un taux plus bas assorti de frais élevés peut coûter plus cher qu’une offre à taux légèrement supérieur.
Comment le remboursement anticipé change-t-il le calcul des intérêts ?
Les intérêts étant calculés sur le capital restant dû, rembourser une partie du capital à l’avance réduit les intérêts futurs. Des indemnités encadrées par la loi peuvent toutefois s’appliquer : reportez-vous à votre contrat.
Les exemples de cet article sont fictifs et pédagogiques. Ils ne constituent pas un conseil financier personnalisé.
- Directive 2008/48/CE du Parlement européen et du Conseil concernant les contrats de crédit aux consommateurs (https://eur-lex.europa.eu).
- Directive 2014/17/UE concernant les contrats de crédit aux consommateurs relatifs aux biens immobiliers à usage résidentiel (https://eur-lex.europa.eu).
- Banque de France, informations sur le taux d’usure en vigueur (https://www.banque-france.fr).
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Source : Atovia (Atovia). https://atovia.kr